Figurant parmi les favoris du championnat de France Messieurs qui se joue cette semaine à Cannes-Mougins, Aaron Van Hauwe vise la victoire pour rejoindre au palmarès du trophée Jacques Léglise son père Julien, sacré en 2000.

« Être champion de France Messieurs, ce serait énorme. Et comme mon père a gagné cette compétition, j'aimerais faire comme lui et inscrire une nouvelle fois notre nom sur le trophée. » Le nom : Van Hauwe. Le prénom : Aaron. Fils de Julien Van Hauwe, ancien joueur de haut niveau au palmarès bien garni chez les amateurs comme les professionnels, Aaron Van Hauwe figure parmi les 108 engagé du championnat de France amateur Messieurs, qui se tient de mercredi à dimanche au Golf & Country Club de Cannes-Mougins. « Franchement, je suis là pour gagner », indique le joueur de 17 ans.
Loin de sonner comme une fanfaronnade, cette ambition affichée s'appuie sur de solides références bien plus liées à ses performances clubs en mains qu'à son héritage golfique. Si son papa, lauréat du trophée Jacques Léglise en 2000 en prélude d'une solide carrière pro comprenant quelque trois cents tournois joués sur différents circuits, dont une cinquantaine de tournois sur le Tour européen et le triple sur la deuxième division européenne, lui a transmis la passion du jeu et l'y a formé dès l'âge de deux ans et demi, c'est bien grâce à son seul travail qu'Aaron peut prétendre jouer les premiers rôles cette semaine.
Des progrès au putting et dans la tête
« L'an dernier, j'ai pas mal progressé au putting, et j'ai aussi amélioré mon attitude grâce au travail fait avec mon coach mental, Cédric Coquet. On a surtout travaillé sur le coup moyen, c'est-à-dire être capable de minimiser les erreurs pour qu'un coup raté soit juste moyen et pas catastrophique. J'ai pu enchaîner les tournois sans trop me frustrer, et ça m'a beaucoup aidé à aller chercher de bons résultats », explique le pensionnaire du Centre de performance du Golf National. Le protégé d'Alexandre Kaleka pour la partie technique a effectivement commencé à remplir sa propre armoire à trophées en 2024, en apportant sa contribution aux sacres collectifs de l'équipe de France au championnat d'Europe Boys, et de son club de Saint-Nom-la-Bretèche à la coupe de France et à la coupe d'Europe des clubs. « Ce sont d'excellents souvenirs ! Gagner en équipe, c'est génial, car les émotions sont plus fortes quand on les partage », s'enthousiasme-t-il à l'évocation de ces épopées.
L'une des principales raisons de la progression d'Aaron, actuel 7e au Mérite national (4e chez les U18) est justement à chercher dans la dimension collective du sport individuel qu'il pratique. Partenaire d'entraînement des meilleurs espoirs de sa génération au sein de l'infrastructure fédérale, il a n'a cessé de hausser son niveau au contact d'Hugo Le Goff, Oscar Couilleau, Lev Grinberg, Noa Auch-Roy, Arthur Carlier ou encore Callixte Alzas. « On a un groupe ultra-soudé : on vit tous ensemble depuis trois ou quatre ans et on a vraiment créé un lien unique. On rigole, on passe du bon temps, et ça nous pousse tous vers le haut car on se tire sans cesse la bourre à l'entraînement », analyse-t-il.
Las Vegas à l'horizon
Cette année 2025 sera toutefois la dernière passée ensemble pour ce groupe, puisque la majorité approche - Aaron aura 18 ans le 18 décembre - et que les chemins de chacun vont forcément diverger. « À la rentrée de septembre, Arthur va partir faire ses études au Kansas. L'an prochain, ce sera le tour d'Oscar, Hugo, Callixte et Lev », énumère le jeune homme, qui rejoindra quant à lui les rangs de l'université du Nevada à Las Vegas (UNLV) dans cinq mois. « On sera tous à droite, à gauche, mais pas si loin. On aura pas mal d'occasions de se croiser sur les compétitions universitaires, ou l'été avec l'équipe de France. »
C'est donc une nouvelle aventure qui va bientôt commencer pour Aaron, une fois les grands rendez-vous amateurs européens du printemps négociés et le baccalauréat en poche. Une aventure américaine qu'il attend avec une excitation non dissimulée : « Ça va être énorme ! J'ai visité la fac, rencontré les coachs et les joueurs, et l'ambiance est sympa, donc ça va être top. Et puis les parcours sur lesquels on va s'entraîner sont fantastiques : Shadow Creek, Southern Highlands, TPC Summerlin, que des super golfs... En attendant d'avoir 21 ans pour aller jouer au casino, je ne vais pas m'ennuyer ! » rigole-t-il.

Augusta en famille ?
La filière américaine pour se confronter aux meilleurs amateurs du monde et progresser au classement mondial (il est actuellement 1571e au WAGR, son meilleur rang en carrière) devrait déboucher, d'ici quatre ans, sur un passage pro. Comme la génération précédente de Van Hauwe, qu'il n'a jamais vue évoluer en tournoi. « Mon père a arrêté quand je suis né. Avec mes tontons, il enseigne depuis 2007 au Golf de la Gloriette, un compact urbain à Tours, et ça marche plutôt bien. Depuis que je suis au "Centre de perf'", il ne me coache plus, mais il me soutient à 100 % dans mon projet sportif. Alors, plus tard, j'aimerais le remercier en l'emmenant à Augusta, et même n'importe où si j'arrive un jour à jouer sur le PGA Tour ou le circuit européen », promet-il. « Ce serait génial de vivre cette expérience en famille. »