Victorieuse pour la première fois sur le Sunshine Ladies Tour samedi dernier, Lucie Malchirand a donné corps à son travail intense des derniers mois. Axe principal : retrouver confiance.

Lui poser la première et évidente question, celle lui demandant de livrer son sentiment à la suite de sa victoire au Standard Bank Ladies Open la semaine passée, n’est même pas utile pour entendre la réponse. Celle-ci fuse sans prélude : « Je suis super contente ! ». Un signe d’enthousiasme qui ne trompe pas, surtout lorsque l’on sait qu’au Durbanville Golf Club, en Afrique du Sud, Lucie Malchirand effectuait sa première sortie en compétition de l’année 2025. Année qu’elle est déjà sûre de ne pas terminer sans succès. « Je suis très contente de gagner le premier tournoi de ma saison. Ça me met sur une bonne dynamique pour le reste de l’année, précise-t-elle. Ce n’est pas une victoire que je suis allée gratter (sic), je l’ai vraiment construite (leader de bout en bout et quatre coups d'avance à l'arrivée, NDLR). Elle me permet de prendre confiance dans mon travail. »
La bonne dynamique en question ne vient pas de nulle part. Depuis plusieurs mois déjà, la joueuse basée dans la région marseillaise entrevoit régulièrement le haut des classements. Dans le top 10 à trois reprises sur le LET Access Series (Letas, la deuxième division européenne) entre août et septembre 2024, elle s’est imposée début novembre à Séville pour le compte du Santander Golf Tour, autre circuit satellite. À cette occasion, déjà, elle montrait sa capacité à aller bas, en signant un 63 (-8) lors de la seconde journée.
« Ça fait un bout de temps que je tape mieux la balle, constate Lucie Malchirand. Je sens aussi que mon attitude va de mieux en mieux. Ce qui se passe dans ma tête commence à être plus calme, plus posé. » En décembre, lors de la finale des Cartes européennes, elle se classait 48e, avec un total de -4. « Ça s’est plutôt bien passé, mon grand jeu était en place, mais je n’ai pas obtenu le résultat que j’attendais », indique-t-elle. Ce classement lui a, en effet, octroyé la catégorie 16, qui ne lui laisse que peu de tournois à jouer pour 2025 sur la première division du Ladies European Tour (LET).
De là découle son choix d’aller jouer, pour la première fois de sa carrière, sur le Sunshine Ladies Tour, le circuit professionnel sud-africain féminin. Car sans cela, il lui aurait fallu attendre début avril et le redémarrage du Letas pour signer sa première carte officielle. Mais avant de descendre dans l’hémisphère sud, Lucie Malchirand a surtout mis les bouchées doubles dans sa préparation. « J’ai essayé de me dépasser de plus en plus à l'entraînement », résume-t-elle d’une formule. Avec toujours un objectif en tête : retrouver la confiance, analogue par exemple à celle qui l’habitait lorsque, en 2021, elle remportait son premier tournoi sur le LET en Italie, alors qu’elle évoluait encore sous le statut amateur.
Deux tournois en plus au calendrier
Sur le compartiment du putting également, le regain de la confiance a été le maître mot. Depuis environ un an, la joueuse française (comme beaucoup de ses homologues du haut niveau) travaille avec le spécialiste du domaine David Ames. Pas tellement pour changer les choses au niveau purement technique, même si elle adopte désormais le grip "pince". Mais surtout pour « débloquer deux ou trois trucs qui étaient un peu coincés, pour reprendre les mots de l’intéressée. Je n’avais jamais eu de coach de putting auparavant, mais je crois que c’était une bonne décision de me mettre à travailler avec David. »
Lucie Malchirand travaille plus, travaille mieux, joue mieux, et donc s’impose dès sa première sortie de l’année. Quels changements cela apporte-t-il à ses perspectives sur la saison qui s’ouvre ? « Je ne sais pas trop », avoue-t-elle dans un sourire. Il va en effet falloir patienter avant, peut-être, de mesurer les bénéfices statutaires de sa victoire de la semaine passée, laquelle n’a aucune influence sur sa catégorie du LET.
En revanche, et alors qu’elle n’était, jusqu’à maintenant, pas en mesure d’y entrer, elle intègrera les champs de joueuses au Joburg Ladies Open, du 3 au 6 avril, puis de l’Investec SA Women’s Open, la semaine suivante. Deux tournois disputés en Afrique du Sud, et cosanctionnés par le LET et le Sunshine Ladies Tour. Tout en sachant que ce dernier, d’ici là, offrira quatre dates à la Marseillaise, qui va donc rester sur les terres de la Nation arc-en-ciel encore deux bons mois. Et une fois rentrée en Europe, elle a bon espoir de disputer le Dutch Ladies Open puis le Jabra Ladies Open à Evian, pour le compte du LET. Et là seulement, sa catégorie pourrait bouger.
Que lui souhaiter, alors, pour ces riches prochains mois ? « De continuer à avoir confiance en mon jeu, à bien taper la balle, à rentrer des putts », répond-elle simplement. Le temps ne lui fait, de toute façon, pas défaut. Car même si elle s’imposait sur le LET voilà bientôt quatre ans, Lucie Malchirand a fêté ses 22 ans le 21 février dernier. La veille de sa victoire. Beau cadeau.